Yassine Gessime et Soufiane Rahimi célébrant le 4ème but du Maroc.

Mardi 23 juin 2026, en début d’après-midi, Atlanta semble d’abord fidèle à elle-même. Une ville du Sud américain étendue, écrasée par une chaleur lourde et moite typique de la Géorgie en ce début d’été, où les avenues rectilignes du Downtown laissent filtrer une lumière blanche presque compacte, presque solide, qui rebondit sur le verre des gratte-ciels. Mais en approchant d’Underground Atlanta, au cœur du centre historique et des anciennes lignes de chemin de fer, quelque chose d’autre, de plus vibrant et de profondément organique, commence à se superposer au paysage habituel.

Des drapeaux rouges et verts, frappés de l’étoile chérifienne, apparaissent progressivement sur Upper Alabama Street, accrochés aux garde-fous de briques et aux lampadaires. Des enceintes portatives testent des sons venus de Casablanca et de Rabat, mêlant les rythmes urbains aux chants traditionnels, et les premières odeurs de grillades halal, d’épices rissolées, de cumin et de coriandre s’échappent des food trucks installés pour l’occasion le long des trottoirs. Le Morocco Fest vient de commencer, et sans bruit excessif, il transforme déjà une portion du centre-ville en un espace hybride, à la frontière exacte entre l’événement culturel et la fan-zone mondiale spontanée. Cet événement majeur, organisé en prélude au match décisif Maroc–Haïti qui se jouera le lendemain, mercredi 24 juin, pose d’emblée l’enjeu de ce grand rendez-vous planétaire pour le compte de la troisième journée du groupe C de la Coupe du monde 2026.

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